DTU 20.12 : guide complet pour la maçonnerie des toitures-terrasses

DTU 20.12 maconnerie toit terrasse

Vous travaillez sur des toitures-terrasses et vous voulez éviter les galères ? Le DTU 20.12 définit les règles du gros œuvre maçonnerie pour les toitures destinées à recevoir un revêtement étanchéité. Cette norme technique, active depuis septembre 1993 et mise à jour par les amendements A1 (juillet 2000) et A2 (novembre 2007), c’est votre bible sur le terrain.


Voici ce qu’il faut retenir :




  • Classification des éléments porteurs selon leur tendance à fissurer (types A, B, C, D)

  • Prescriptions techniques pour les pentes, planéité et état de surface

  • Ouvrages particuliers : acrotères, reliefs, dispositifs collecte évacuation eaux

  • Mise en œuvre selon la présence d’isolation thermique

  • Prévention des désordres par le respect des tolérances et joints


Le DTU 20.12 couvre les toitures de pente nulle, plates (1-5%) ou inclinées (>5%), accessibles ou non, en plaine comme en montagne. Il concerne les terrasses piétons, véhicules, techniques, jardins, balcons et loggias surmontant des locaux.



Comprendre la norme DTU 20.12


Le DTU 20.12 encadre les travaux de gros œuvre maçonnerie des toitures recevant un revêtement étanchéité. Cette norme vise deux objectifs : éviter les désordres des éléments sous-jacents et fournir un support adapté au bon comportement de l’étanchéité.



Domaine d’application et ce qui est exclu


Le DTU 20.12 couvre un large éventail de toitures-terrasses. Il s’applique aux toitures destinées à recevoir différents revêtements : carrelage scellé, dalles sur plots, étanchéité traditionnelle. Les toitures terrasses concernées incluent les terrasses piétons, véhicules légers ou lourds, techniques avec équipements, jardins et aménagements extérieurs.


La norme exclut le béton armé à granulats légers et les dalles armées en béton cellulaire autoclavé. Ces matériaux n’ont pas les caractéristiques mécaniques nécessaires pour tenir le coup sous les sollicitations thermiques et mécaniques.



Classification des éléments porteurs


Le DTU 20.12 classe les éléments porteurs selon leur tendance croissante à fissurer :

































TypeDescriptionCaractéristiques
Type ABéton armé coulé en œuvre de façon continueSurface comprise entre joints de gros œuvre
Type BÉléments préfabriqués béton armé ou précontraintPosés jointifs, solidarisés par armatures noyées
Type CÉléments préfabriqués jointifsMatériaux différents, solidarisés par blocages béton
Type DÉléments préfabriqués béton armé ou précontraintSolidarisés par clefs continues sans dalle rapportée

Cette classification détermine les prescriptions pour chaque type d’élément porteur. Les éléments porteurs type A donnent la meilleure continuité structurelle, tandis que les types C et D demandent plus d’attention pour limiter les mouvements différentiels.



Sollicitations thermiques et isolation


Les dispositions du DTU 20.12 pour les sollicitations thermiques dépendent de la présence d’isolation thermique au-dessus de l’élément porteur. Sans isolation, les variations de température créent des contraintes importantes dans la maçonnerie.


Pour les petits ouvrages (diagonale maximale de 6m), la réalisation œuvre maçonnerie peut se faire sans isolation thermique au-dessus de l’élément porteur. Au-delà, l’isolation devient obligatoire pour limiter les mouvements thermiques et préserver l’étanchéité élément porteur.



Les prescriptions techniques à retenir


Le DTU 20.12 fixe des exigences précises pour la qualité des éléments porteurs. Ces prescriptions touchent la planéité, l’état de surface, les pentes et les tolérances dimensionnelles.



Planéité et tolérances


La planéité générale des éléments porteurs ne doit pas dépasser 10mm sous une règle de 2m pour un élément porteur recevant directement l’étanchéité ou des panneaux isolants non porteurs. Cette exigence assure une surface régulière pour la mise œuvre du revêtement étanchéité.


La planéité locale est plus stricte : 3mm maximum sous une règle de 20cm. Le désaffleurement droit des joints œuvre ne doit pas dépasser 3mm. Ces valeurs conditionnent la qualité finale de l’étanchéité et évitent les zones de rétention d’eau.



Pentes et évacuation des eaux


La pente minimale des toitures terrasses doit atteindre au moins 1% pour les surfaces protégées sous dallage et 1,5% pour les surfaces exposées au carrelage extérieur. Cette prescription du DTU œuvre maçonnerie assure l’évacuation correcte des eaux pluviales.


Les dispositifs collecte évacuation comprennent les chéneaux, caniveaux et noues. Ces ouvrages particuliers doivent présenter les réservations nécessaires au raccordement des canalisations d’évacuation des eaux pluviales. Le DTU 20.12 interdit les joints plats dans les caniveaux et chéneaux réalisés en béton armé.

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État de surface et finition


L’état de surface de l’élément porteur doit correspondre à celui d’un parement courant de béton surfacé, selon la référence DTU 21. La surface doit être propre, sans laitance, et présenter une rugosité suffisante pour l’adhérence du revêtement étanchéité.


L’épaisseur minimale d’une dalle béton armé supportant une terrasse s’établit à 12cm. Cette prescription garantit la résistance mécanique et la durabilité de l’élément porteur ouvrages particuliers.



Mise en œuvre selon le DTU 20.12


La mise œuvre des éléments porteurs selon le DTU 20.12 varie selon la présence d’isolation thermique et le type de sollicitations. Cette approche différenciée optimise les performances structurelles et thermiques.



Prescriptions selon l’isolation thermique


Avec isolation thermique au-dessus de l’élément porteur, les travaux œuvre maçonnerie suivent les règles standard du DTU 20.1 et DTU 26.1. Les chaînages horizontaux restent obligatoires au niveau des maçonneries du dernier étage.


Sans isolation, pour les ouvrages de dimension limitée, l’élément porteur subit directement les variations thermiques. Le DTU œuvre impose alors une étude particulière pour intégrer ces sollicitations dans le dimensionnement des joints œuvre éléments.



Supports admissibles et préparation


Les supports admissibles comprennent :




  • Dalles béton armé coulées en place ou préfabriquées

  • Maçonneries de blocs ou briques montés au mortier

  • Chapes et formes maçonnées conformes aux DTU associés


Le support doit être stable (pas de tassements différentiels), sec (humidité ≤5%), résistant à la compression et au gel. La propreté de surface, sans laitance ni poussière, conditionne l’adhérence du revêtement étanchéité.



Joints de fractionnement et dilatation


Les joints œuvre se répartissent en plusieurs catégories selon leur fonction :




  • Joints de fractionnement : tous les 30m² ou 6 mètres linéaires

  • Joints de dilatation : en périphérie et autour des éléments fixes

  • Joints de rupture : entre supports de nature différente


Ces joints œuvre éléments absorbent les mouvements thermiques et mécaniques. Leur absence ou leur mauvaise exécution provoque des fissurations dans le revêtement étanchéité.



Techniques de pose des revêtements


La pose scellée ne s’autorise que sur dalle béton conforme, avec une chape ne dépassant jamais 5cm d’épaisseur. Cette technique demande une préparation soignée selon le DTU 52.1.


La pose collée sur chape désolidarisée (DTU 52.2) limite les contraintes mécaniques transmises au support. Elle convient particulièrement aux éléments porteurs type C et D présentant des risques de mouvements différentiels.


La pose sur plots réglables constitue une solution moderne supprimant les contraintes du mortier. Cette technique assure une parfaite évacuation des eaux et facilite l’accès aux réseaux techniques sous la terrasse.



Les ouvrages particuliers


Les ouvrages particuliers regroupent tous les éléments de relief et d’évacuation des toitures terrasses. Leur réalisation œuvre maçonnerie demande des précautions spécifiques pour l’étanchéité et la durabilité.



Reliefs et acrotères


Les reliefs comprennent les acrotères bas (hauteur ≤300mm) et hauts (>300mm) au-dessus de la protection d’étanchéité. Ces éléments doivent permettre la réalisation du relevé d’étanchéité avec une hauteur H minimale selon les prescriptions du DTU 43.1.


Les costières ou murets se situent en bordure de toiture, le long des joints de gros œuvre ou des émergences. Leur dimensionnement tient compte des sollicitations du vent et des dilatations thermiques.


Les souches et murs de locaux divers, seuils et reliefs divers constituent d’autres ouvrages particuliers. Tous ces éléments réalisés en béton sont considérés en classe d’exposition XC4 selon la norme NF EN 206-1, avec un épiderme non lisse pour l’adhérence de l’étanchéité.



Dispositifs d’évacuation des eaux


L’évacuation des eaux pluviales des toitures-terrasses plates et inclinées s’assure par des ouvrages de collecte (chéneaux, caniveaux, noues) et d’évacuation (entrées EP, trop-pleins).


Les dispositifs collecte évacuation doivent présenter les réservations nécessaires au raccordement des canalisations d’évacuation des eaux pluviales. Le revêtement étanchéité prévu posé directement sur l’élément porteur nécessite un encuvement pour la mise en place de la platine du dispositif d’entrée d’eau sans surépaisseur.

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Rives et joints de gros œuvre


Les rives sans acrotères se distinguent entre rives avec larmier (débord minimal 80mm) et rives nues sans larmier pour les édicules ≤20m². Le larmier assure l’évacuation des eaux de ruissellement sans souillure des façades.


Les joints de toiture au même niveau présentent des conditions d’emploi différentes selon l’usage de la toiture. Le DTU 20.12 précise les dispositions constructives pour chaque type de joint selon les matériaux en présence.



Pénétrations et réservations


Les pénétrations diverses nécessitent une implantation préalable et les réservations correspondantes dans le gros œuvre. Cette anticipation évite les percements après coup, sources de désordres structurels.


Les percements après coup restent tolérés pour les petites sections dans les éléments porteurs en béton armé. Ils sont formellement interdits dans le béton précontraint où ils compromettraient l’intégrité structurelle.



Prévention des sinistres


Le respect du DTU 20.12 évite 90% des sinistres sur les terrasses carrelées et dallées. Les désordres résultent généralement d’erreurs de conception ou de mise œuvre identifiables et évitables.



Erreurs fréquentes à éviter


L’absence de pente conforme constitue la première cause de sinistres. Une pente insuffisante provoque la stagnation des eaux, les efflorescences, la glissance et le décollement du carrelage. La pente minimale de 1,5% pour les surfaces exposées reste impérative.


La mauvaise étanchéité sous carrelage résulte d’un support non stabilisé présentant des mouvements différentiels. L’utilisation d’une colle non adaptée à l’extérieur aggrave ces désordres par perte d’adhérence.


La négligence des joints de fractionnement expose aux fissurations par dilatation thermique. Les variations de température créent des tensions internes qui fissurent le revêtement en l’absence de joints conformes.



Pathologies liées aux supports


Un support non stabilisé génère des tassements différentiels qui fissurent le revêtement étanchéité. La vérification de la stabilité du support avant travaux constitue un préalable indispensable.


L’humidité excessive du support (>5%) compromet l’adhérence des colles et mortiers. Un séchage suffisant ou l’emploi de produits adaptés aux supports humides s’impose.


La pose directe sur terrain naturel sans dallage de terre-plein conforme expose aux remontées d’humidité et aux tassements. Cette pratique contrevient aux règles de l’art et génère des sinistres prévisibles.



Contrôles et vérifications


Le contrôle de la planéité s’effectue à la règle de 2m pour la planéité générale (tolérance 10mm) et à la règle de 20cm pour la planéité locale (tolérance 3mm). Ces vérifications conditionnent la qualité finale de l’étanchéité.


La vérification des pentes s’effectue au niveau à bulle ou au théodolite selon la surface. Les points bas doivent être correctement drainés vers les dispositifs collecte évacuation.


Le contrôle de l’état de surface porte sur la propreté, l’absence de laitance et la rugosité suffisante pour l’adhérence. Un dépoussiérage soigné précède l’application du revêtement étanchéité.



Solutions modernes et alternatives


Les évolutions techniques proposent des alternatives performantes aux solutions traditionnelles. Ces innovations répondent aux exigences de la RE2020 et aux contraintes d’urbanisme durable.



Systèmes de plots réglables


Les plots réglables constituent une solution moderne supprimant les contraintes du mortier et assurant une parfaite évacuation des eaux. Cette technique présente de nombreux avantages :




  • Aucune contrainte de séchage

  • Accès facile aux réseaux techniques

  • Pose rapide et propre

  • Entretien facilité

  • Réversibilité des aménagements


La pose selon les recommandations du DTU s’effectue sur dalle autoportante avec un support stable et un calepinage rigoureux. Cette solution convient particulièrement aux terrasses ventilées et aux aménagements extérieurs techniques.



Matériaux innovants


Les dalles autoportantes en béton fibré ou en matériaux composites donnent des performances mécaniques supérieures. Leur légèreté réduit les charges sur l’élément porteur tout en conservant la résistance requise.


Les revêtements drainants permettent l’évacuation rapide des eaux de surface. Ces solutions techniques réduisent les contraintes sur l’étanchéité et améliorent le confort d’usage.

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Isolation et performance énergétique


L’isolation thermique sous dallage répond aux exigences de la RE2020. Les isolants haute performance réduisent les ponts thermiques et améliorent la performance énergétique du bâtiment.


Les systèmes d’isolation répartie intègrent l’isolation thermique dans l’élément porteur. Cette approche simplifie la mise œuvre tout en conservant les performances thermiques.



Gestion des eaux pluviales


Les systèmes de rétention et infiltration des eaux pluviales s’intègrent dans les toitures terrasses. Ces solutions d’urbanisme durable réduisent les débits de pointe et participent à la gestion des eaux météoriques.


Les dispositifs collecte évacuation connectés permettent la surveillance en temps réel des débits et la maintenance préventive. Cette approche digitale optimise la gestion des ouvrages particuliers.



Questions fréquentes et conseils pratiques


Dimensionnement et charges


Comment dimensionner la maçonnerie selon le DTU 20.12 ?


Le dimensionnement doit prendre en compte les charges permanentes (poids propre de l’élément porteur, formes de pentes, revêtement étanchéité, protection, isolation thermique) et les charges variables (climatiques, d’entretien, d’exploitation selon NF P06-001, accidentelles selon NF P06-003).


L’épaisseur minimale de 12cm pour une dalle béton armé constitue un minimum structurel. Le calcul précis nécessite la prise en compte des portées, des charges d’exploitation et des conditions d’appui.



Compatibilité des matériaux


Quels matériaux choisir pour les éléments porteurs ?


Les éléments porteurs admis comprennent le béton armé coulé en place, les éléments préfabriqués béton armé ou précontraint, les maçonneries de blocs ou briques. Le choix dépend des contraintes architecturales, économiques et de mise œuvre.


Les matériaux doivent résister au gel selon la norme NF B 11-202. Cette résistance conditionne la durabilité des ouvrages en climat rigoureux.



Mise en œuvre par temps froid


Quelles précautions prendre pour les travaux d’hiver ?


Les travaux œuvre maçonnerie par temps froid nécessitent des précautions particulières : protection contre le gel pendant la prise, emploi d’adjuvants antigel, chauffage des matériaux si nécessaire.


La température minimale de mise œuvre s’établit généralement à +5°C pour les mortiers et bétons. En dessous, des dispositions spéciales s’imposent selon les DTU concernés.



Réparations et reprises


Comment traiter les défauts de planéité ?


Les défauts de planéité se traitent par ragréage avec des mortiers adaptés. L’épaisseur de ragréage doit rester limitée (généralement <10mm) pour éviter les risques de fissuration par retrait.


Pour les défauts importants, une chape de forme peut s’avérer nécessaire. Cette solution nécessite une étude de charges et le respect des prescriptions du DTU 26.2.



Entretien et maintenance


Quel entretien prévoir pour les toitures-terrasses ?


L’entretien régulier comprend le nettoyage des dispositifs collecte évacuation, la vérification de l’étanchéité des joints, le contrôle de l’état du revêtement. Cette maintenance préventive prolonge la durée de vie des ouvrages.


Les plots réglables facilitent l’accès aux réseaux techniques et simplifient les interventions de maintenance. Cette accessibilité constitue un avantage majeur pour l’exploitation des toitures terrasses techniques.







Votre référence pour des chantiers sans souci


Le DTU 20.12 constitue votre référence technique pour sécuriser vos chantiers de toitures terrasses. Sa maîtrise vous aide à rassurer vos clients, pérenniser vos ouvrages et éviter les litiges juridiques. C’est aussi un argument commercial fort face à une concurrence qui néglige parfois ces aspects techniques.


L’évolution vers des solutions modernes comme les plots réglables et les matériaux innovants ouvre de nouvelles perspectives. Ces techniques, encadrées par le DTU, répondent aux exigences contemporaines de performance énergétique et de développement durable.


Respecter le DTU 20.12, c’est vous assurer de la qualité de vos travaux œuvre maçonnerie et vous positionner comme un professionnel de référence sur le marché des toitures destinées à recevoir un revêtement étanchéité.